Chroniques

Cette rubrique abrite un fouillis d’impressions, d’époques diverses, sur tout et n’importe quoi, l’actualité, un film, un paysage, une pièce de théâtre, un concert, un petit voyage, un article qui m’a plu, etc. Ni thème précis, ni régularité. Juste l’envie de mettre en forme une impression fugitive ou persistante.

Vingt « Chroniques », la première étant datée du 18 décembre 2016 au 14 juin 2017, sont consacrées à l’histoire de mon arrière-grand-père, Victor Puiseux (1820-1883). Cette série est regroupée en un PDF unique, de lecture plus aisée, dans la Bibliographie générale de la rubrique Recherche sous le titre Une biographie de Victor Puiseux (1820-1883). Les rectifications insérées au fil des jours, heureusement assez peu nombreuses, n’ont toutefois pu y être introduites.

2015

  • Ödipus der Tyrann (Sophocle, Hölderlin et Castellucci) Festival d’automne au Théâtre de la Ville

    J’avais pris un billet, il y a bien longtemps, courant juin, pour aller au Théâtre de la Ville, où se jouait, hier vendredi, la première à Paris d’un spectacle créé à Berlin à la Schaubühne, le 6 mars de cette année. Comme je suis assez sonnée par les attentats récents (Saint-Denis, Paris, Bamako) qui permettent, hélas, de se faire une idée plus précise de la diffusion des dictatures fanatiques, terroristes, qui font tache d’huile sur notre continent (Afrique, Asie, Europe), je me suis un peu forcée à (...)

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  • Massacre à Paris (encore)

    Hier soir, vendredi 13, je regardais un téléfilm d’aventures, The Dinosaur Experiment, une co-production russo-américaine... sur Ciné FX. Les USA et la Russie se sont unis dans une étrange co-production, à quatre sous, le genre série B des années Quarante, avec force fuites meurtrières dans des espaces désertés, sauf que là, on est en couleur et cela date de 2013 !
    Au début du film, deux agents du FBI étaient envoyés pour faire une enquête au sujet d’une curieuse empreinte qui avait été trouvée dans la (...)

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  • Moïse et Aaron, Arnold Schönberg Mise en scène de Romeo Castellucci à l’Opéra de Paris, Bastille

    En 2014, dans Go down, Moses ! Romeo Castellucci avait fait naître Moïse dans les toilettes d’un restaurant italien très contemporain, bébé clandestin chargé - pressenti comme tel par sa mère internée, après l’accouchement, dans une sorte d’asile médical - de conduire hors du pouvoir de Pharaon le peuple d’Israel, déporté en Égypte et réduit en esclavage, fantasmatique et désolé. Castellucci retrouve son personnage cette année dans Moses und Aron, l’opéra inachevé de Schönberg, sans sa mère, mais avec son (...)

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  • Terrain de jeu

    La Syrie, c’est l’Espagne dans les années Trente, la Corée dans les années Cinquante, le Biafra dans les années Soixante, la Yougoslavie dans les années Quatre-Vingt-Dix - et bien d’autres terres dévastées et de peuples massacrés sur tous les continents -, un sinistre terrain de jeu pour les marchands d’armes ou de pétrole , les dictateurs apprentis ou confirmés et les politiciens avides qui leur servent de paravents. Le monde étant routinier, c’est à Vienne, une fois encore - on y a de bons (...)

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  • Une jeunesse allemande Un film de Jean-Gabriel Périot

    Une jeunesse allemande, comme tous les films, n’est pas racontable. Les images sont des documents très rares montés sans commentaire. Allez-y faire votre lecture. Il faut savoir combien il sera dur de se lever de son siège, de sortir de la salle, après le générique qui se déroule avec sa source d’archives. Le cinéaste, Jean-Gabriel Périot, est né en 1974 dans une des années clé de l’histoire tragique qu’il montre. Deux figures du monde cinématographique encadrent ce film qui parle de l’Allemagne : à (...)

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  • Le roi Lear Mise en scène d’Olivier Py

    Je suis allée un peu à reculons voir Le Roi Lear dont c’était la dernière, hier, aux Gémeaux à Sceaux : j’avais plus ou moins entendu les critiques lors de la présentation de la pièce cet été à Avignon. Une amie, professeur d’anglais, avait trouvé que la mise en scène d’Olivier Py, bruyante et agitée, avec des jeux et des détails inutiles, rendait assez mal un texte qu’elle connaît bien.
    La pièce, réputée avoir été écrite par Shakespeare entre 1603 et 1606, est hors norme, - dimension, personnages, (...)

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  • Rattrapage express

    Ma « rentrée » parisienne en trente lignes. Avec retard. Juste quelques éclats, histoire de reprendre un peu la main avant de foncer dans le dur du Festival d’Automne.
    De la musique surtout. Les plaisirs de septembre, à la Philharmonnie ; comment dire Andris Nelsons arrivant presque en courant, si jeune, heureux, dynamique, à la tête du Boston Symphony Orchestra, pour bisser la dernière partie, enthousiasmante, de la splendide symphonie n°10 de Chostakovitch ; la surprise de trouver un petit motif (...)

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  • Marseille entre les deux tours Un film de Jean-Louis Comolli, Michel Samson, Jean-Louis Porte, 2015

    Avant : quelques miettes
    Le 29 septembre, en arrivant aux ateliers Varan, qui organisent une avant-première du dernier film de Jean-Louis Comolli et Michel Samson, mes outils de spectatrice sont peu nombreux : quelques souvenirs personnels de voyages au fil des années (deux restaurants très bons, le musée Cantini, une ville très minérale avec des rues étroites, le grand escalier, le mistral sur la Corniche ) ; et puis, en vrac, l’OM, Edmond Dantès, Arthur Rimbaud, Simone de Beauvoir, Bernard (...)

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  • Chaos, mayonnaise et vigilance

    Les « crises » s’accumulent, se poussent, se bousculent, s’interpénètrent, s’encouragent l’une l’autre ; toutes ont un point commun, des êtres humains ne cessent de casser, de détruire d’autres êtres humains, radicalement (bombardements, exécutions ) ou plus lentement (chômage, austérité, rabotage des programmes sociaux, culturels et humanitaires). Grèce, Kurdes, Syrie, coup d’état au Burkina, etc. Il n’y a qu’à ouvrir et recopier le journal.
    Placée devant et dans tout cela, notre manière de comprendre le (...)

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  • Image, art et futur

    À vrai dire, je suis terriblement agacée et choquée par ce qui se passe et par les discours qui se lisent, se disent ou s’entendent ces jour-ci. On patine toujours, toujours les mêmes questions, oiseuses à force d’être répétées, ornées des mêmes assertions sur l’art, sur le « pouvoir » de l’image et les manipulations dont elle serait l’objet, sur l’effrayant désir de mort que cette attitude représente.
    Deux cas très différents :
    1. Aylan Kurdi, ce tout petit garçon photographié mort sur la plage de Bodrun, a (...)

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  • Espaces baltes, 2015 Pourquoi ?

    Les pays baltes, pour moi, c’est d’abord un nom, Memel - le nom allemand du port actuel de Klaipeda en Lituanie - , et une indignation : j’avais 6 ans, c’était le 22 mars 1939, et on a entendu à la radio qu’Hitler venait d’envahir la Lituanie et de « prendre Memel ». J’ai été horrifiée, quoi, « prendre », voler, détruire, tuer ?
    J’ai écrit Pauvre Memel, en belle écriture soignée avec le P et le M majuscules, sur un petit carnet à carreaux où ma tante me faisait écrire des résumés de leçons. C’est alors que (...)

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  • L’inattendu

    Mon meilleur ami est à l’hôpital ; il a eu un AVC il y a trois semaines, quand j’étais encore à Riga. Il vient de sortir de réanimation. Le voyage balte, du coup, a pris une autre place, relégué par l’attente des évaluations, des récupérations, enfoncé dans le passé par les attentes de chaque jour, incertitudes, acquis et espoirs, qui sont devenus largement prioritaires dans nos vies.
    Toutefois, je me sens en dette vis-à-vis de ces trois pays, dont l’atmosphère est si vivante, entre les paysages (...)

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  • ... le retour

    Trois semaines et plus se sont passées.
    Des récits en forme suivront dans la rubrique Espaces.
    Mais déjà, la Baltique.

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  • Allez, on se dépote ?

    Ce n’est pas du tout là que je vais cette année (sur la photo, on est en Chine, dans les Huangshan), mais ça ne fait rien, c’est juste une invitation à changer d’air et d’horizon : en fait je vais dans les pays baltes, chez les Chevaliers teutoniquers, dans les brumes et les moustiques de la Hanse, bonnes vacances, je mettrai une ou deux photos de mon voyage 2015, à mon retour. (...)

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  • Créanciers, Grexit et novlangue

    Hier dimanche, vers 23 heures, les Grecs faisaient la fête dans la rue. Ils avaient bien raison, ils avaient dit NON à des propositions à la fois méprisantes, socialement inacceptables et économiquement stupides de ceux que tout d’un coup, on n’appelait plus que « les créanciers ». Les Grecs occupaient la moitié de l’écran des chaînes d’infos. Sur l’autre moitié, je voyais le travail qui se faisait devant moi dans les studios des chaînes de télé, et qui était de transformer les autres Européens, moi, vous, (...)

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  • Retour d’orgie 3 Le Ring au Festival de Budapest 11, 12, 13 et 14 juin 2015

    Le seul soir où nous n’avions pas d’opéra, le mercredi 10 juin, on s’en est offert un autre - pour un autre sens, le goût -, dans un bar à vin du vieux quartier juif : le vin de Hongrie, rouge, déployé comme une partition difficile à analyser tant elle était riche, élaborée, presque infinie pour certains éléments, nous a charmés et nous a mis en condition pour attaquer le gros morceau du voyage, L’Anneau du Nibelung, Der Ring des Nibelungen, le Ring, der Ring, ce petit mot qui allait sonner si fort, si (...)

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  • Retour d’orgie 2 Salomé / Fidelio

    La musique ne se raconte pas, ça s’entend, ça se vit. Je donne ici juste quelques indications et rappels de mise en scène qui m’ont plu à l’Opéra de Vienne.
    Salomé, le 8 juin 2015
    Salomé, la machine fatale du désir contrarié, construite par Richard Strauss de manière étourdissante et sans faille, crescendo, s’est déroulée pendant 1 heure 50, dans une mise en scène sobre, et un décor où la grille du cachot souterrain de Jochanaan ( magnifique Wolfgang Koch) occupait le premier plan d’un palais (...)

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  • Retour d’orgie 1

    Je sors de plusieurs jours de mutisme, dû à une orgie de musique et de sensations, au cours d’un voyage à Vienne et Budapest : il est difficile de reprendre pied, car cette orgie sensorielle s’est accompagnée d’une trêve - même longueur - de « nouvelles » pas d’infos, pas de radio, pas toujours de wi fi, pas le temps de m’y intéresser. Sur un fond de villes, liées par le Danube et l’histoire, dans un cadre d’architecture, de trams, de trains, de restaurants, de langues, de musées, dans la lumière des (...)

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  • Liliom, de Ferenc Molnar Odéon Berthier

    Il faut courir voir Liliom, pièce de Ferenc Molnar (1878-1952), au Théâtre de l’Odéon, aux Atelies Berthier dans la mise en scène de Jean Bellorini, et dans l’excellente traduction d’Alexis Moati, Kristina Rády et Stratis Vouyoucas.
    Cette pièce écrite en 1909 décrit les situations de quelques individus du Lumpenproletariat de Budapest ; elle résonne si fort avec aujourd’hui, qu’elle en devient une de ces grandes pièces éternelles, qui, de leur époque, savent extraire l’essence de la condition humaine, (...)

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  • Icônes américaines Grand Palais

    Une visite ...
    Le Musée d’art moderne de San Francisco (le SFMOMA) est en travaux, il s’agrandit, pour recevoir la magnifique collection réunie par M. et Mme Fisher, fondateurs de Gap (les vêtements), philanthropes et collectionneurs, des personnages dignes d’un film, qui ont fait ce don en 2009 ( le lendemain de la signature, Donald Fisher est mort). Un choix d’œuvres des grands créateurs, provisoirement sans espace d’accrochage, peut être prêté et circuler plus aisément, de Calder et Kelly à (...)

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  • Facebook et moi Une expérience

    Débarquée depuis quelques semaines sur le réseau Facebook, histoire de voir, il me paraît, pour l’instant, plus encombrant qu’utile. Même s’il m’ a permis de connaître ou d’avoir des nouvelles de quelques persnnes estimables.
    Je suis aussi tombée sur un prêcheur de bible. Ce qui n’est pas du tout pour moi.
    Je trouve que c’est beaucoup de temps pour pas grand chose, je dois être plus douée pour les relations bilatérales.
    Aussi, je vais laisser reposer la pâte. Ou laisser dériver le bateau sans le (...)

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  • La Cité Muette Un film de Sabrina Van Tassel

    L’Histoire ...
    Drancy, une station de RER quand on va à Roissy. Un paysage peu flatteur, des tours, des HLM, le vieux modèle d’avant-guerre, repeints, dressés au milieu des petits immeubles et des pavillons hétéroclites, comme n’importe quelle ville de la banlieue nord. Les vieux HLM (des HBM pour respecter la terminologie de l’entre-deux-guerres) auraient pu être démolis, on a fait sauter des barres moins moches et détruit des « grands ensembles » moins décatis.
    Sauf que ce n’est pas n’importe (...)

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  • Macbeth, Giuseppe Verdi Théâtre des Champs-Élysées, 2015

    Un sacré cocktail : Shakespeare / Verdi
    Le 7 mai, je suis allée au Théâtre des Champs-Élysées, voir Macbeth, opéra de Verdi, dans sa version de 1865. Personnellement, je suis sortie contente, mais très étonnée, car c’est la troisième fois que je vois cet opéra, chaque fois dans des mises en scène si différentes que je le reconnais à peine, malgré les motifs musicaux, et malgré Shakespeare, qui fournit, malgré tout, la base de l’histoire. En rentrant, j’ai regardé les critiques déjà parues, dans Le Figaro (...)

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  • Nicolas Poussin, 1594-1665 Poussin et Dieu, Louvre 2015

    L’exposition, dans le hall Napoléon, est d’une taille raisonnable (une centaine d’œuvres, tableaux et dessins, plus deux Raphaël), on y retrouve une bonne part des Poussin du Louvre et on a le plaisir de voir, découvrir ou revoir ceux de Washington, Londres, Cleveland, Saint-Pétersbourg, Copenhague etc. On manque parfois de recul pour les très grands formats des premières salles. Le titre de cette exposition du Louvre, index pointé sur Dieu, m’avait presque arrêtée, un moment : il me paraissait (...)

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  • Taxi Téhéran Un film de Jafar Panahi, 2015

    Un Ours d’or
    Taxi Téhéran, Ours d’or 2015, est totalement inclassable par sa forme : on sait qu’il a été tourné par Jafar Panahi dans un taxi, habilement transformé en studio ambulant, puisque le cinéaste, après quelques mois de prison, a été interdit de sorties à l’extérieur du pays, d’écriture de scénarios et de tournage. Dans Le Monde du 14 avril 2015, Thomas Sotinel raconte fort bien les aménagements techniques auxquels Panahi a eu recours.
    Pendant 1 h 22, on est enfermé dans l’espace du taxi, qui (...)

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  • Fragments d’une histoire, un film de Jean-Louis Comolli, 2014 Une histoire d’yeux

    « Du passé NE FAISONS PAS table rase »
    C’est sous le signe de cette phrase - majuscules comprises - que, le 12 avril, j’ai eu le plaisir d’aller voir le dernier film de Jean-Louis Comolli, aux Ateliers Varan, dans le cadre d’un de leurs « dimanches ».
    Les Ateliers Varan - structure associative vouée à l’enseignement du cinéma documentaire, pratique et réflexions théoriques - , évoquent et témoignent des temps (presque) disparus : dans la cour d’un ancien atelier à la belle architecture de briques (...)

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  • La Philharmonie À la plus grande gloire de la musique

    Je suis enfin allée à la Philharmonie !
    Je rechignais pour y aller, c’était loin, j’en voulais à cette grosse institution d’avoir tué la salle Pleyel, où j’avais découvert tant d’auteurs, d’œuvres, et tant d’interprètes ; j’y ai écouté pour la première fois les Suites pour violoncelle de Bach ; j’y ai entendu Barenboim dans sa jeunesse - et la mienne -, donner l’intégrale des concertos de Mozart, et Dietrich Fisher Diskau les cycles des Lieder de Schubert. J’y ai découvert Mahler, Chostakovitch, les Gurre (...)

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  • Tristan et Isolde, Richard Wagner Opéra de Bordeaux, 2015

    Un voyage en eaux profondes
    Je suis souvent allée dans une ville tout exprès pour voir un opéra, mais jamais je n’avais fait d’une seule traite 3 h 1/4 de TGV , pour assister à la représentation de l’opéra (5 h, avec les 2 courts entractes) , et autant pour rentrer à Paris, dans la journée même. Voyage fait le dimanche 29 mars.
    C’est une expérience intense, condensée, entièrement consacré à la musique et aux réflexions sur la temporalité ; c’est une histoire de voyages enchâssés, car le mythe de Tristan (...)

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  • Ce n’est pas un poisson d’avril...

    Sur RFI, il y a moins d’une heure, j’ai entendu une nouvelle ridicule, j’ai cru que c’était un des poissons d’avril dont les chaînes encore parfois s’offrent le luxe, vérification sur la toile. Hélas, c’est une histoire vraie.
    La voici : le métropolite de Novosibirsk est allé voir Tannhaüser à l’opéra de la ville. Il a vu des scènes qui l’ont offensé, lui et ses sentiments religieux, dont une sorte de grand tableau vivant montrant quelques-unes des activités de Vénus et de ses aimables acolytes au Venusberg. (...)

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  • Diego Velazquez, 1599-1660 Grand Palais, Paris

    Velazquez fait partie de ces peintres dont l’évidence est absolue. Il a vécu en même temps que Rubens, Poussin, Claude Gellée, une époque intense, dans cette Europe où le voyage en Italie constituait déjà, toujours et encore, le centre d’attraction et d’apprentissage de la lumière, qui au XVIIe siècle, fait la peinture.
    Une faille invisible
    Ses personnages, d’abord, s’imposent, ils remplissent le cadre, avec leur corps et leurs vêtements raidis par le pouvoir qu’ils possèdent, de droit, de naissance, (...)

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  • À la folie Un documentaire de Wang Bing, 2014

    Tourné dans une structure psychiatrique située dans le Yunnan (une province de la Chine du Sud), À la folie (en chinoiis, Feng ai, et en anglais ’Til Madness Do Us Part ) nous fait passer presque quatre heures dans un établissement qui renferme deux cents « patients », hommes et femmes, en étages séparés, à la fois prison et asile, qui mélange les « déviants » terme qui, en Chine, comprend tout ce qu’on veut, les personnes violentes dans leur famille qui a demandé l’internement, ou violentes en société (...)

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  • Solaris Opéra de Dai Fujikura, une création

    Solaris est la première commande passée par le Théâtre des Champs Elysées depuis le Sacre du Printemps en 1913. Une œuvre tous les cent ans, je n’avais pas envie de la rater, et les nouveautés m’intéressent différemment mais autant que les plats mijotés depuis deux cents ou trois cents ans et que j’adore.
    L’œuvre réalisée par Dai Fujikura et Saburo Teshigawara est à la fois austère visuellement et angoissante dans son récit inspiré de l’ouvrage Solaris de Stanislas Lem et du film qu’en avait tiré Tarkovski, (...)

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  • Citizenfour Un film de Laura Poitras, Oscar du documentaire 2015

    Je ne connaissais par Laura Poitras avant qu’elle reçoive l’Oscar du meilleur documentaire en février 2015, pour Citizenfour (2014). Elle a fait ses études au San Francisco Art Institute et pas mal de boulots et de rencontres, qui l’ont mise en contacts avec du monde, à la marge, en questionnement, qui lui donnent l’envie de faire des documentaires plutôt que des fictions. Mal vue par les autorités américaines depuis ses films précédents, sur certains aspects des communautés gays (Flag Wars, 2003) et (...)

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  • Le meurtre de Boris Nemtsov (2)

    Mon après-midi d’hier
    Je suis arrivée très en avance à la Fontaine des Innocents, où, à 3 heures, il y avait un minuscule attroupement, Ukraine, Jaune et bleu, qui manifestait pour soutenir Nadia Savchenko, une Ukrainienne de 33 ans, soldat de l’armée ukrainienne, en prison chez Poutine depuis le 18 juin 2014, gréviste de la faim depuis 80 jours. De 100 à 120 personnes à tout casser. Ils avaient des porte-voix, disaient de tristes évidences, et je me suis dit que la manif de Nemtsov étant (...)

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  • Le meurtre de Boris Nemtsov Russian Sniper

    Boris Nemtsov avait appelé à une grande manifestation contre les méthodes de Poutine, sa mauvaise gestion de l’économie et son action en Ukraine. Elle devait avoir lieu aujourd’hui Ier mars 2015 à Moscou.
    Quatre balles dans le dos, sur un pont à minuit dans la nuit de vendredi à samedi, l’ont tué net, en face du Kremlin : c’est plus expéditif que le thé au polonium ou l’aspersion à l’ammoniac, pour se débarrasser de lui. Poutine promet une enquête soigneuse, je ne doute pas qu’elle le soit, il a sans doute (...)

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