Chroniques

Cette rubrique abrite un fouillis d’impressions, d’époques diverses, sur tout et n’importe quoi, l’actualité, un film, un paysage, une pièce de théâtre, un concert, un petit voyage, un article qui m’a plu, etc. Ni thème précis, ni régularité. Juste l’envie de mettre en forme une impression fugitive ou persistante.
Une série continue de vingt « Chroniques », du 18 décembre 2016 au 14 juin 2017, est consacrée à l’histoire de mon arrière-grand-père, Victor Puiseux (1820-1883).

2017

  • Au revoir là-haut Un film d’Albert Dupontel

    Au revoir là-haut est la meilleure dénonciation que j’aie jamais vue de la guerre et des bouleversements qu’elle suscite. Toutes les puissances qui y prennent part, finances, pouvoir, violence, y sont vivement éclairées.
    Le film se déroule entre la dernière des atroces tueries, le 9 novembre 1918, et les années folles qui suivent l’armistice, le retour à l’arrière et la difficile reprise de la vie civile dans un monde en pleine mutation. Les intérêts des grandes fortunes et des industries (...)

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  • « Ex-Libris » Un film de Frédérick Wiseman

    Ce film est un monument, le plus récent opus d’une immense série documentaire sur les espaces de notre temps édifiée par Frédérick Wiseman depuis des décennies. J’ai eu le plaisir de le voir, en personne, très alerte, au début de la séance (Reflet Médicis) : avec sa modestie et sa simplicité habituelles, il nous a dit qu’il n’avait pas grand chose à dire... qu’il fallait « voir » son film ! On l’a applaudi et on a regardé ce fleuve new-yorkais où la culture est mise au service de la population.
    Ce (...)

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  • Rétrospective Polanski Les folies d’une censure galopante

    Je suis très choquée de la pétition lancée par un collectif de féministes contre la rétrospective Polanski à la cinémathèque. Si des actes privés de Polanski sont choquants, les signataires de cette pétition n’ont aucun droit, à s’ériger en juges culturels et à interdire que l’on montre des films très remarquables : chacun peut juger s’il a envie ou non de les voir. Ras-le-bol de la censure, féministe ou autre.
    Depuis quand demande-t-on un certificat de bonne vie et mœurs pour voir, pour entendre, pour lire (...)

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  • Verdi, Don Carlos, dans la version originale de 1867. Opéra Bastille, dimanche 22 octobre 2017

    Pourquoi serais‑je indiscret quand mon silence ne peut lui causer de douleur, qu’il lui en épargne peut-être ? Pourquoi le réveiller afin de lui montrer le nuage orageux suspendu sur sa tête ?
    Le marquis de Posa, Don Carlos, Schiller, Acte IV, Scène 6
    Oui, j’ai vu LE Don Carlos dont parle toute la presse. Oui, comme tout le monde, j’ai été enchantée par la beauté indiscutable des voix. Pendant plusieurs jours - et encore maintenant -, j’ai été très impressionnée et travaillée par ce que j’ai vu (...)

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  • Séances de rattrapage 2. D’un faux Godard à un vrai Godard Blade Runner 2049. - Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma.

    II. Futur/Passé
    En sortant du Redoutable, je n’ai eu qu’une envie, celle de retrouver le vrai Godard. Pas le jeune hologramme dogmatique et myope que Louis Garrel et Hazanavicius avaient pris la peine de reconstituer. Youtube permet de revoir Godard dans les différentes interviews qu’il a données, où, d’âge en âge, il présente ses convictions avec une vivacité et une assurance devenues tranquilles. Je suis une inconditionnelle : pour moi Godard est un vrai cinéaste - peut-être le seul ?-, quelqu’un (...)

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  • Séances de rattrapage I. Faute d’amour et Le Redoutable Présent / Passé

    Quatre films en quatre jours de rattrapage cinématographique.
    I. Présent/Passé
    1. Faute d’amour, Andreï Zviaguintsev, Prix du jury à Cannes 2017
    Andreï Zviaguintsev avait obtenu le Prix du scénario à Cannes en 2014, avec Leviathan, où des nouveaux riches corrompus, alcoolisés et méchants réduisaient à néant les quelques obstacles que représentait un pauvre, obstiné et également alcoolisé : la politique nouvelle et corrompue de l’ère Poutine était montrée dans son « alliances objective », comme on disait (...)

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  • Pelléas et Mélisande À la manière - discutable - de Bob Wilson

    La mise en scène de l’opéra de Debussy par Bob (Robert) Wilson a été créée en 2014. Mais je ne l’avais pas encore vue, ni lu quoi que ce soit à son sujet. Je m’étais dit, en y allant, « avec le minimalisme de Bob Wilson, rien ne viendra s’interposer entre la musique et moi... » Je m’étais trompée. Sans demander nécessairement de voir les forêts et le vieux château moussu du livret, il m’a semblé que j’avais assisté à un contresens de grande taille.
    Il y avait les ingrédients habituels - esthétisme et (...)

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  • « La mort de Sénèque » Philharmonie, 18 septembre 2017

    La Philharmonie a célébré le 450° anniversaire de la naissance de Claudio Monteverdi (15 Mai 1567 à Crémone) de manière faste : Sir John Eliot Gardiner, les English Baroque Soloists, le Monteverdi Choir et un plateau de solistes vocaux tous remarquables, ont donné les trois opéras qui nous restent du compositeur, joués et « mis en espace » sur la scène centrale au milieu des musiciens, d’une manière constamment convaincante et souvent davantage, captivante. J’ai raté L’Orfeo (1607) le samedi 16 septembre, (...)

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  • Lumières d’été + 200 000 fantômes 2 films de Jean-Gabriel Périot

    Lumières d’été, film de 2017 de J.-G. Périot, est précédé d’un court métrage de ce même auteur, 200 000 fantômes de 2007, qui a donc déjà dix ans.
    Le court métrage - montage de photos fixes, N&B et couleurs, et de quelques miettes d’actualités - est comme brodé sur le poème de Current 93, Larkspur et Lazarus, qui l’accompagne à la bande-son, il est magnifique et parfait. We know it’s time.
    Oui, nous savons qu’il est temps, mais temps de quoi ? De tourner une page intournable ? Ou de traduire autrement, ce (...)

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  • Hiroshima

    J’écoutais paresseusement France Culture,« La grande table d’été », et soudain, j’entends une nouvelle, une vraie nouvelle, de celle qui vous fait bondit du canapé. Qui vous redessine un avenir proche : le mercredi 16 août est la date de sortie du film que Jean-Gabriel Périot vient de terminer sur Hiroshima.
    Le 72e anniversaire des bombardements (Hiroshima, 6 août, et Nagasaki, 9 août 1945) ayant été certes présent dans les médias et à la télévision, mais discret, je me trouvais assez seule, avec (...)

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  • La Planète des singes. Suprématie. Un film de Matt Reeves, USA, 2017

    2 heures 22 pour Suprématie, ce gros pâté, collage de mythes superposés et rebattus dans de multiples films, légendes et livres saints, guerre, western, la Bible, Bien et Mal... J’aurais dû prêter plus grande attention au titre original : War for the Planet of the Apes.
    Tous les mythes et légendes américains sont convoqués pour la suite (et fin ?) de cette nouvelle Planète des Singes : les films sur le Vietnam, Apocalypse Now, les colonels fous, les post-atomiques, Mad Max, quelques bribes volées et (...)

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  • Ça secoue !

    Le XXIe siècle a décidé de virer très fort le XXe. Chaque jour, une foule de souvenirs foutent le camp, dans les carnets de décès : hier, c’était les souvenirs des films et des salles et des circonstances où j’ai admiré souvent Jeanne Moreau.
    La première fois que je l’ai vue, elle incarnait le petit rôle de Josy dans Touchez pas au grisbi de Jacques Becker, c’était à Grenoble en 1954.
    Voici deux photo d’elle
    La première, dans Eva (Joseph Losey), en 1961. J’aime assez l’air interrogatif qu’elle y a dans (...)

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  • Impressions en sortant de l’expo David Hockney Centre Pompidou jusqu’au 23 octobre 2017

    Une œuvre, un artiste et une vision du monde : l’exposition est belle et grande, et, tout au long, j’ai transformé mes souvenirs d’expos antérieures de ce peintre, en voyant ou en revoyant, en vrai, ensemble et en suite chronologique, dans leurs splendides formats et leurs évidentes lumières, les transformations du peintre et de son œuvre.
    David Hockney devient très vite David Hockney, il ne tâtonne pas longtemps, ni en matière de formats, très vite grands, ni en matière de de lumière, diffuses ou (...)

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  • Peggy Guggenheim, la collectionneuse Un film de Lisa Immordino Vreeland

    Ce film archi-dense date de 2015, il est sorti hier à Paris. Et moi, je suis sortie de la salle (MK2 Odéon côté Saint Michel) complètement éberluée, saoulée d’images, de textes, de paroles et de musique : le XXe siècle tout entier était passé en 1h 52 devant mes yeux, dans l’évocation que Lisa Immordino Vreeland fait de Peggy Guggenheim (1898-1979), « Art Addict » , la deuxième des trois filles de Benjamin Guggenheim (1865-1912) une des plus grosses fortunes des États-Unis, édifiée par Meyer Guggenhein, (...)

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  • George Romero et Martin Landau

    Les vivants, les morts-vivants, le cinéma et la science-fiction sont en deuil, avec une double disparition : le comédien Martin Landau et le réalisateur George Romero nous ont quittés à un jour de distance, les 15 et 16 juillet 2017.
    Matin Landau, je le revois, il avait alors trente ans - c’était son deuxième rôle -, anguleux, tragique, dans le personnage de Leonard ( La Mort aux trousses, North by Northwest, Alfred Hitchcock, 1959), secrétaire ambigu et homme de main épris de son patron, l’espion (...)

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  • Transitions

    Sortie du XIXe siècle, où les chroniques sur Victor Puiseux m’ont beaucoup occupée, je m’aperçois que je suis en train de vivre une année sans forme, sans grand projet personnel, comme si je vivais en somme une année de transition, vers d’autres occupations en vertu d’une moins bonne forme physique, ce qui changerait mes formes d’action et mon horizon.
    Quelques pépins de santé pour moi ou pour mes amis, des tristesses et des plaisirs réels mais sans véritables grands éclats, donnent à ce printemps et (...)

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  • Simone Veil

    Simone Veil (1927-2017)vient de mourir. Un choc. C’est le XXe siècle qui continue de fondre.
    L’annonce de la mort de cette femme admirable agit comme un grand pan de la banquise qui s’effondre dans l’Océan : elle nous éclabousse de sa dignité, de sa beauté, de sa grandeur, de son courage, de ses engagement politiques et sociaux, de sa passion pour l’Europe.
    Les députés « FI » grognons et mal élevés paraissent plus scandaleux et grotesques encore dans la lumière de Simone Veil, lorsqu’ils refusent de (...)

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  • Victor Puiseux, 20. Quelques retouches

    J’ai reçu de Florence Corpet, qui est une lectrice attentive et efficace, quelques rectifications sur trois points. Je les ai replacées en note là où il le fallait et je les regroupe sur ce feuillet additionnel.
    1/ Florence Corpet a trouvé l’acte de mariage de Marie-Madeleine Puiseux et de Jacques Laurent, en 1794, à .. Argenteuil. On a du même coup la date de naissance de Jacques Laurent , le 21 avril 1744, c’en est fini du ca 1744 ! Je cite Florence Corpet : L’acte de mariage de Jacques Laurent (...)

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  • Victor Puiseux, 19. « Je vous embrasse de tout cœur. »

    Pierre se marie
    Les cousines habituées à faire des mariages se sont mises en campagne pour que Pierre fonde un foyer, après avoir renoncé à se faire prêtre. La légende dit que, pour lui, c’est une cousine Alpy qui « a fait le mariage ». Henry Alpy (1849-1928) et sa femme Berthe habitent Paris, mais lui est originaire du Jura, apparenté aux Bouvet, une famille bourgeoise très aisée de Salins, qui a une confortable fortune acquise au fil du siècle dans des entreprises de transports, agrandies par (...)

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  • Victor Puiseux, 18. Crises en tous genres

    Cet avant-dernier chapitre relate trois crises : la première, politique et nationale, aboutit à l’établissement réussi de la République qui sert de fond de tableau aux dernières années de la vie de Victor. La deuxième touche Victor personnellement, au plan physique : son état de santé l’oblige à renoncer aux grandes courses en montagne. Et la troisième crise, non moins personnelle, est la tentation de Pierre d’entrer dans les ordres.
    Fonder et consolider la République
    J’ignore toujours le contenu des (...)

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  • Victor Puiseux, 17. Coup d’œil sur sa carrière

    Essai de bilan en forme de promenade
    Voici quelques précisions sur les espaces de ce monde de l’enseignement et de la recherche en mathématiques, astronomie, physique, qui a été celui de Victor Puiseux, dans la seconde moitié du XIXe siècle, une période charnière, entre l’approfondissement définitif et le fignolage, si j’ose dire, du monde newtonien, et l’ouverture vers les vertiges de l’espace/temps.
    En mathématiques, si je comprends bien, Victor Puiseux se situe sur le gond de cette porte qui tourne, (...)

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  • Victor Puiseux, 16. Des poumons en papier de soie

    Comme la jeune vierge héroïne de la légende russe que Stravinsky magnifiera des années plus tard dans Le Sacre du printemps, les deux filles Puiseux meurent chacune au printemps, à deux ans d’écart.
    Marie ouvre le bal
    Une lettre de Victor Puiseux à son sujet est conservée, elle date du 12 novembre 1871. Elle est adressée à Marie Wallon (1840-1904), sa cousine, entrée dans l’Ordre des Dames de la Visitation sous le nom de Sœur Thérèse de Sales ; c’est la fille aînée du premier mariage d’Henri Wallon (...)

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  • Victor Puiseux, 15. Les remous de la Guerre de 1870 1867-1871

    Le rituel des vacances
    Dans les trois années qui ont précédé la guerre - et nul ne se doutait qu’on vivait une « avant-guerre » - la famille a continué à passer ses vacances à la montagne. Elles sont plus ou moins résumées par André, le plus jeune de ses fils, dans un texte de 1913 (cf PDF infra) , où il évoque la beauté des paysages liée au souvenir de son père, avec pas mal d’émotion : « C’est à toi, mon père chéri, que vont mes pensées, quand sur les sommets, débordant d’enthousiasme, je me mets à parler (...)

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  • Victor Puiseux, 14. Terre et ciel

    La mort compagne de la vie
    La mort de Paul a dû désoler, profondément, durablement, la famille proche et plus éloignée.
    Elle me désole aussi, car après l’avoir privé de Laure, la mort se met à frapper Victor dans ses enfants, à lui enlever ce qu’il a construit avec elle et à travers qui elle demeurait vivante. Pierre et André se retrouveront seuls après 1874, comme dans ce nursery rhyme implacable, cette petite chanson enfantine des Ten little nigger boys qui disparaissent les uns après les autres . (...)

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  • Victor Puiseux, 13. Enfants, heurs et malheurs

    Cinq enfants
    De gauche à droite, Pierre, Marie, Paul, André, Louise. Ou, dit autrement, les trois fils forment l’arrière plan, Pierre debout, tout frisé, dans un habit de petit homme avec une redingote ouverte à pans arrondis, Paul, les cheveux bien ras, accoudé sur la balustrade du photographe, André assis sur cette balustrade, dans un petit costume genre dolman que portait les officiers des armées de la Guerre de Crimée. Devant leurs frères, dans leurs belles robes évasées, baleinées et brodées, (...)

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  • Victor Puiseux, 12. Paris et la famille en plein bouleversement

    Une époque à l’appétit d’ogre
    Dans la décennie 1850-1859, on a vu la carrière professionnelle de Victor Puiseux se construire comme malgré lui avec énormément de travail de recherche et d’enseignement, sans qu’il se prête aux magouilles si courantes dans le milieu universitaire, tout cela à grande allure.
    Parallèlement, sa vie de famille, toute fraîche, se déroule au galop dans les deux appartements - n°62 et 64 - que lui et sa famille occupent successivement rue de l’Ouest, dans un quartier heurté, (...)

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  • Victor Puiseux, 11. Maths et matheux des années 1850 Une carrière dans un virage

    Tout tourne dans les Années Cinquante et pas seulement dans la vie de Victor Puiseux (1820-1882). L’Europe vit intensément, assimile, détruit, reconstruit, le printemps des peuples est passé par là, la répression aussi. Pendant que l’économie et le profit prennent les rênes et que l’Europe se couvre de chemins de fer, de canaux, d’usines, de grands travaux, de grands magasins et de journaux, le Prince Président, Louis-Napoléon, prépare en sous-main et réussit le coup d’État qui, le 2 décembre 1851, (...)

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  • Victor Puiseux, 10. Laure Jannet

    « Une trop grande modestie »
    Plus j’avance dans la vie de Victor Puiseux, plus je me sens gênée de braquer ma petite lampe de poche sur cet homme si discret. Ma démarche est à l’encontre de ses pratiques et de ses vœux. Ses biographes officiels, ceux qui ont rédigé et lu des notices sur sa vie lors de son décès, soulignent à la fois sa discrétion, son intelligence, son opiniâtreté, sa bonté, son amour des êtres, des paysages et des difficultés, sa capacité à ne pas se laisser submerger par les deuils (...)

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  • Victor Puiseux, 9. Questions sur une pointe

    Tour d’horizon
    Je retrouve Victor sur la plus haute pointe du Pelvoux, le 9 août 1848 .
    Pour moi, atteinte d’un vertige affreux sur le moindre escabeau, résolument adepte de l’alpinisme devant les chaînes de télé genre Trek ou TV 8 Mont Blanc, mais toujours désireuse de « cadrer » Victor de l’extérieur, c’est moins la réussite d’une « première » et la date de l’ascension (le 9 août 1848), que l’année qui fait « tilt », 1848, et je profite de ce moment de solitude pour poser quelques questions.
    Lorsqu’il part (...)

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  • Messe en si mineur, J.-S. Bach, dir. Philippe Jordan Opéra Bastille, 14 février 2017

    Mardi 14 février 2017, je suis allée faire une expérience saisissante à Bastille, avec la Messe en si de Bach, dirigée par Philippe Jordan ; elle était jouée par l’orchestre et les chœurs de l’Opéra de Paris, bien sûr, et , donc, avec instruments modernes. Ce fut une soirée complètement surprenante, hyper-vitaminée, j’avais l’impression de ne l’avoir jamais rencontrée, jamais entendue ainsi !
    J’ai beaucoup aimé cette interprétation terriblement nouvelle, qui faisait entendre tout Bach, ses notes, ses lignes, (...)

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  • Victor Puiseux, 8. Le temps d’apprendre à vivre

    1841-1845 : Rennes
    Victor est nommé au Collège royal de Rennes . Il se trouve, curieusement, pour son premier poste, nommé dans cette ville de Bretagne où Louis-Victor lui-même a commencé sa carrière de receveur il y a trente-cinq ans. La ville a grandi, est passée de près de 30.000 à près de 40.000 habitants. Le Parlement de Bretagne est majestueux, ornement de la ville classique du XVIIIe, mais les bas-quartiers sont encore fréquemment inondés : à partir de 1841, on commence le creusement du canal (...)

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  • Victor Puiseux, 7. La conquête de l’Université

    Paris 1835
    Au moment de la mort de Louise, le 17 février 1835, Louis-Victor, en effet, est seul. Ses deux fils sont à Paris, chargés de conquérir l’espace social, par leur intelligence et leur travail.
    C’est le Paris d’avant Haussmann, serré dans ses barrières. Il y a encore pas mal de quartiers genre « vieux Paris », ses maisons irrégulières à pignons, ses petits métiers, ses poètes. C’est l’époque où Gérard de Nerval se prend d’une passion sans retour pour l’actrice Jenny Colon.
    Les rues étroites, les (...)

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