Chroniques

Cette rubrique abrite un fouillis d’impressions, d’époques diverses, sur tout et n’importe quoi, l’actualité, un film, un paysage, une pièce de théâtre, un concert, un petit voyage, un article qui m’a plu, etc. Ni thème précis, ni régularité. Juste l’envie de mettre en forme une impression fugitive ou persistante.

Vingt « Chroniques », la première étant datée du 18 décembre 2016 au 14 juin 2017, sont consacrées à l’histoire de mon arrière-grand-père, Victor Puiseux (1820-1883). Cette série est regroupée en un PDF unique, de lecture plus aisée, dans la Bibliographie générale de la rubrique Regards, sous le titre Une biographie de Victor Puiseux (1820-1883).

2018

  • Que faisiez-vou aux temps chauds ?

    « Que faisiez-vous aux temps chauds ? » Non, je ne danse pas, je ne chante pas.
    Le bruit des nouvelles qui tombent du vaste monde, par le biais des journaux, des radios, des smartphones et des télés, est toujours aussi fatigant, carrément éœurant. Je crève de chaud dans les pics d’ozone. Mal aux yeux, mal au cœur.
    Catastrophes journalières, climat dégueulasse, guerres ici et là, affreuses comme toujours, les enfants du Yémen ou de l’Afghanistan sont explosés sur les marchés ; les migrants crèvent en (...)

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  • Minnie pagayant dans une coque de noix

    Une sale impression
    Depuis des années, Bernard Guetta peignait et dénonçait chaque matin, sur France Inter, autour de huit heures et quart, l’état catastrophique de l’Europe et du monde. Je l’écoutais. Je me disais, « oui, mais alors » ? Et à une cadence bien plus rare, de temps en temps, j’en faisais autant sur ce site, histoire de me défouler, de marquer d’un petit caillou le chemin assez sinistre que je nous vois emprunter.
    Or ce matin, Bernard Guetta a fait ses adieux : il s’en va ; il en a marre (...)

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  • Virgile, Homère, et autres histoires de migrants...

    Vite, vite, il faut relire les classiques, - Virgile, l’Enéide, Homère, l’Odyssée -, avant qu’ils soient interdits pour complicité avec les migrants, dont ils racontent l’histoire, mieux, dont ils vantent l’histoire.
    Car ces belles épopées de gens qui fuient les guerres, les pièges et les violences, de gens dont les bateaux errent en Méditerranée, ne sont rien d’autres que des histoires de migrants.
    Prenez Enée, voilà un homme qui fuit son pays ravagé (Troie, en actuelle Turquie) avec le reste de sa (...)

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  • Paul Auster, 4 3 2 1, Actes sud 2018

    4 3 2 1 est un livre si passionnant que je n’ai plus envie de rien faire, que de lire. Mille pages ou à peu près. D’où mon mutisme actuel. Ce monde aux plans multiples, aux effets de kaléidoscope, ces vies démultipliées dans toutes sortes de possibles que Paul Auster donne à son héros, Ferguson, me font repasser, avec lui, par toutes les étapes de l’époque qui est en train de s’effacer, cette deuxième partie fascinante du XXe siècle, la transformation du monde et des idéologies, le désir de savoir, (...)

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  • Un « joli mai » en 1967 Week-end, Jean-Luc Godard, 1967

    Après un mois de mai peuplé de « ponts » et de grattage de lyre sur 1968, il était bien d’aller voir Week-end : le cinéma Les Écoles a eu la bonne idée de programmer ce film tourné en 1967 par Jean-Luc Godard, dont j’avais gardé une idée assez confuse, et dont les souvenirs des uns et des autres semblaient se résumer à un long embouteillage, placé plutôt au début du film, même s’il y en a des rappels vers la fin.
    Moi, ce que je me rappelais, c’était une sorte de campement dépenaillé dans la campagne, où les (...)

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  • Jean Fautrier (1898-1964) Musée d’art moderne de la Ville de Paris

    Matière et lumière
    Je croyais connaître Fautrier. Je me disais, oui, ce doit être un peu le genre de Braque, bref, non, je ne connaissais pas, pas du tout. En fait je savais juste son nom, et sa période (1898-1964). Sa singularité m’a donc sauté aux yeux.
    Les salles, toujours magnifiques, du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, accueillent une rétrospective de ce peintre très original, très secret, à la vie mouvementée et heurtée, avec une enfance marquée par des pertes successives, qui l’ont (...)

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  • Que faisiez-vous aux temps froids ? Le monde de Néandertal

    Un bouleversement
    Il faut faire un sérieux retour en arrière, pour retrouver les Néandertaliens, représentants d’une branche disparue de l’espère Homo. D’autant qu’entre la découverte de leurs premiers restes (1856) et nos jours, une couche de légendes dépréciatives s’est installée, faisant d’eux des êtres velus et brutaux, armés des gourdins, pas très éloignés de King Kong ; ils ont animé, sans aucune raison scientifique, des tableaux, des bouquins et des films, et même des discours de certains savants. Une (...)

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  • La rétrospective Kupka (1871-1957) Grand Palais, 21 mars -30 juin 2018

    Si toute la peinture occidentale faite entre 1890 et 1950 brûlait, à l’exception de celle de František Kupka, on aurait quand même, grâce à lui, une idée claire des questions que se sont posées les peintres, des sources qui les ont inspirés, des lignes qu’ils ont développées : l’exposition que lui consacre le Grand Palais m’a paru une sorte de perfection didactique pour présenter et cadrer un choix de 300 œuvres de cet homme, né en 1871 dans la partie tchèque (Bohême) de l’empire d’Autriche, passé par (...)

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  • L’Avant-garde russe, Vitebsk, 1918-1922 Centre Pompidou, 28 mars 2018 – 16 juil. 2018

    Samedi dernier, je suis allée au Centre Pompidou voir la nouvelle exposition intitulée L’avant-garde russe, Vitebsk,1918-1922. Depuis que j’en suis sortie je ne pense plus qu’à ma rencontre avec ce débordement d’inventivité, de lumière, d’espoir, d’énergie. Je connaissais et j’aimais déjà plusieurs de ces artistes, mais isolément, je n’avais encore pris garde à cette concentration dans l’espace et le temps avant l’expo de Beaubourg.
    1918 : à Vitebsk, une ville moyenne de l’empire russe effondré à l’automne (...)

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  • Hiver 17/18 : un Cabinet de curiosités

    L’année dernière, je ne regardais pas beaucoup le temps qu’il faisait, j’avais une sorte de direction dans mes activités, elles relevaient ou tournaient autour, de la biographie que j’essayais de reconstituer autour de Victor Puiseux. Je parcourais avec lui tout le XIXe siècle, il jouait le rôle d’homme de ma vie. Il imposait ses goûts, son rythme.
    Cette année, sans lui, c’est l’anarchie. L’hiver passe, du gris, du vent, des giboulées, de la neige par deux fois, mes vieux pots de fleurs ont gelé sur mon (...)

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  • Un feuilleton formidable Sept ans de destruction

    Un feuilleton formidable
    Sept ans de destruction, comme on avait autrefois Sept ans de réflexion.
    Ici pas de Marilyn : bombardements, tortures, écrabouillement d’hôpitaux, barils de pétrole, gaz, casser des maisons et des gens, voilà bientôt sept ans que la presse sous toutes ses formes nous sert VINGT FOIS PAR JOUR les épisodes de la grande production à laquelle on a même trouvé un sous-titre gore, Le Boucher de Damas.
    Brièvement, si vous avez oublié le début : le producteur-auteur-acteur est un (...)

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  • Macbeth à l’Odéon Shakespeare et Braunschweig, 2018

    Curieux, ce Macbeth qui se joue en ce moment à l’Odéon. Inégal. Hier, comme le faisait remarquer pour elle-même une amie rencontrée à l’entracte, j’ai eu par moments l’impression que je n’avais jamais vu la pièce : la mise en scène de Stéphane Braunschweig - la direction d’acteurs - introduit des éléments que je n’y ai pas souvent rencontrés dans les précédents représentations. Cette relative étrangeté - un relecture comme on dirait - se produit à plusieurs niveaux. Elle est due en grande partie à Macbeth (...)

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  • Ce que j’ai vu de Peer Gynt, mis en scène par David Bobée Théâtre des Gémeaux, Sceaux

    Je suis allée, dimanche 28 janvier, voir Peer Gynt, pièce d’Henrik Ibsen dont la première a été donnée à Oslo le 24 février 1876. Pas toute jeune, rarement jouée, cette pièce - une mise en actes de la réflexion sur la vie humaine - nécessite une foule de comédiens ; elle est ici donnée, fortement cisaillée par David Bobée, qui l’a importée du Centre national dramatique de Normandie-Rouen.
    Une opinion en deux heures
    En choisissant, après mûre réflexion, de quitter la pièce à l’entracte (j’ai vu 3 actes sur (...)

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  • Pentagone Papers, Steven Spielberg, 2017 Si l’Amérique m’était contée

    Le nouveau filmde Steven Spielberg (titre original The Post) est très intéressant et mérite d’être vu et discuté, puisqu’il met en scène et en images, les aléas et les devoirs de l’information et du journalisme, qui constituent eux-mêmes un pilier de la réflexion cinématographique américaine.
    Le monde des mensonges d’État
    Spielberg crée l’ambiance par quelques plans classiques de soldats américains au Vietnam, suivis par la réaction de l’analyste et reporter de guerre, Dan Ellsberg, ébahi et choqué par (...)

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  • En mystérieuse compagnie Beethoven et le Quatuor Belcea

    Ce matin, j’ai été entendre, à la Philharmonie, un concert de la Semaine que cet organisme génial a consacrée au Quatuor :
    Ludwig van Beethoven Quatuor à cordes n° 13 & Grande Fugue op. 133, "En mystérieuse compagnie" Quatuor Belcea Corina Belcea, violon Axel Schacher, violon Krzysztof Chorzelski, alto Antoine Lederlin, violoncelle
    La musique est indicible, en général et par nature, et on ne peut que paraphraser, quand on écrit à son propos, car pensée, parole et musique sont des modes (...)

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  • Un bal masqué, Verdi, 1859 Paris, Bastille, 2018

    Les méfaits de la censure
    Dans le projet de ce qui deviendra Un bal masqué, Verdi voulait mettre en scène et en musique un fait divers historique assez récent : l’assasinat de Gustave III de Suède, qui avait eu lieu à Stockholm en 1792, à la suite d’une conspiration des nobles de la cour. Un sujet hautement politique, encore teinté d’actualité, puisqu’il s’agit de l’assassinat d’un monarque d’Europe en exercice, une cinquantaine d’années auparavant.
    Mais la censure des Bourbons qui règnent à Naples ne (...)

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  • Carmen, ô ma Carmen !

    De tout cœur
    Oui, je signe de tout cœur avec les cent femmes qui ont écrit dans Le Monde (10/1/18) un appel à la liberté et à la tolérance - oui, les Junien, Deneuve, Millet, Losfeld, etc. - , et se font copieusement rappeler à l’ordre, voire cracher dessus, par diverses féministes, qui depuis lors se répandent dans les télés, radios, journaux, outrées d’avoir lu que nous sommes tous (je ne pratique pas l’écriture inclusive) de grandes filles et de grands garçons et que c’est à l’être toujours davantage (...)

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  • Vous reprendrez bien un peu de galette ? L’échange des princesses, un film de Marc Dugain

    De L’échange des princesses je suis sortie plus heureuse que jamais de la Révolution française, de la chute de l’Ancien Régime, de l’invention des vaccins et des antibiotiques, et même, au-dela, de la situation européenne présente, si discutable soit-elle.
    Tiré de l’ouvrage homonyme (Le Seuil, 2013) de Chantal Thomas (que je n’ai pas lu), le film de Marc Dugain est très noir, un monde fantomatique, un théâtre effrayant, éclairé par des flopées de bougies ; il nous en donne à voir les rouages politiques (...)

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  • 2018

    2018 : le cinquantenaire de Mai 1968, le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, le cent cinquantenaire de l’EPHE (École pratique des Hautes Études) et je ne parle que de trois gros anniversaires « ronds » qui me touchent de près : des mythes à déblayer à la pelle, dans des alluvions considérables, qui font partie de nous tous et qui vont nous faire crouler sous les plantations de drapeaux et les immenses violons des anciens combattants.
    Comment me mêler à tout ça en évitant de me (...)

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2017

  • La vengeance se mange brûlante Elektra (1909), Richard Strauss, Philharmonie de Paris

    Vendredi 15 décembre : la Philharmonie est pleine comme un œuf, le public enserre l’Orchestre Philharmonique de Radio France qui lui-même, étant donné le nombre des musiciens et la diversité des pupitres, remplit entièrement le plateau dans un harmonieux demi-cercle disposé sur plusieurs rangs, chaleur brillante des cuivres et éclat argenté des instruments, chaleur des bois, minceur des cordes, majesté des harpes, des percussions et tambours. J’ai pris cette photo en vitesse avant l’entrée du chef, (...)

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  • Argent amer Un film de Wang Bing, 2016

    Wang Bing, comme à son habitude, et comme tous les très grands documentaristes, ne fait pas un film : il permet au spectateur de sortir de son fauteuil de cinéma, et même carrément de Paris, pour se promener à sa suite, des heures, des jours, des saisons durant, entre 2014 et 2016, à Zhili, près de Huzhou, une ville chinoise au sud de Shanghai, qui regorge de petits ateliers de confection en sous-traitance. Il s’explique fort bien dans un interview donné à Libération (21/11/2017) sur sa manière de (...)

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  • Au revoir là-haut Un film d’Albert Dupontel

    Au revoir là-haut est la meilleure dénonciation que j’aie jamais vue de la guerre et des bouleversements qu’elle suscite. Toutes les puissances qui y prennent part, finances, pouvoir, violence, y sont vivement éclairées.
    Le film se déroule entre la dernière des atroces tueries, le 9 novembre 1918, et les années folles qui suivent l’armistice, le retour à l’arrière et la difficile reprise de la vie civile dans un monde en pleine mutation. Les intérêts des grandes fortunes et des industries (...)

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  • « Ex-Libris » Un film de Frédérick Wiseman

    Ce film est un monument, le plus récent opus d’une immense série documentaire sur les espaces de notre temps édifiée par Frédérick Wiseman depuis des décennies. J’ai eu le plaisir de le voir, en personne, très alerte, au début de la séance (Reflet Médicis) : avec sa modestie et sa simplicité habituelles, il nous a dit qu’il n’avait pas grand chose à dire... qu’il fallait « voir » son film ! On l’a applaudi et on a regardé ce fleuve new-yorkais où la culture est mise au service de la population.
    Ce (...)

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  • Rétrospective Polanski Les folies d’une censure galopante

    Je suis très choquée de la pétition lancée par un collectif de féministes contre la rétrospective Polanski à la cinémathèque. Si des actes privés de Polanski sont choquants, les signataires de cette pétition n’ont aucun droit, à s’ériger en juges culturels et à interdire que l’on montre des films très remarquables : chacun peut juger s’il a envie ou non de les voir. Ras-le-bol de la censure, féministe ou autre.
    Depuis quand demande-t-on un certificat de bonne vie et mœurs pour voir, pour entendre, pour lire (...)

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  • Verdi, Don Carlos, dans la version originale de 1867. Opéra Bastille, dimanche 22 octobre 2017

    Pourquoi serais‑je indiscret quand mon silence ne peut lui causer de douleur, qu’il lui en épargne peut-être ? Pourquoi le réveiller afin de lui montrer le nuage orageux suspendu sur sa tête ?
    Le marquis de Posa, Don Carlos, Schiller, Acte IV, Scène 6
    Oui, j’ai vu LE Don Carlos dont parle toute la presse. Oui, comme tout le monde, j’ai été enchantée par la beauté indiscutable des voix. Pendant plusieurs jours - et encore maintenant -, j’ai été très impressionnée et travaillée par ce que j’ai vu (...)

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  • Séances de rattrapage 2. D’un faux Godard à un vrai Godard Blade Runner 2049. - Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma.

    II. Futur/Passé
    En sortant du Redoutable, je n’ai eu qu’une envie, celle de retrouver le vrai Godard. Pas le jeune hologramme dogmatique et myope que Louis Garrel et Hazanavicius avaient pris la peine de reconstituer. Youtube permet de revoir Godard dans les différentes interviews qu’il a données, où, d’âge en âge, il présente ses convictions avec une vivacité et une assurance devenues tranquilles. Je suis une inconditionnelle : pour moi Godard est un vrai cinéaste - peut-être le seul ?-, quelqu’un (...)

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  • Séances de rattrapage I. Faute d’amour et Le Redoutable Présent / Passé

    Quatre films en quatre jours de rattrapage cinématographique.
    I. Présent/Passé
    1. Faute d’amour, Andreï Zviaguintsev, Prix du jury à Cannes 2017
    Andreï Zviaguintsev avait obtenu le Prix du scénario à Cannes en 2014, avec Leviathan, où des nouveaux riches corrompus, alcoolisés et méchants réduisaient à néant les quelques obstacles que représentait un pauvre, obstiné et également alcoolisé : la politique nouvelle et corrompue de l’ère Poutine était montrée dans son « alliances objective », comme on disait (...)

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  • Pelléas et Mélisande À la manière - discutable - de Bob Wilson

    La mise en scène de l’opéra de Debussy par Bob (Robert) Wilson a été créée en 2014. Mais je ne l’avais pas encore vue, ni lu quoi que ce soit à son sujet. Je m’étais dit, en y allant, « avec le minimalisme de Bob Wilson, rien ne viendra s’interposer entre la musique et moi... » Je m’étais trompée. Sans demander nécessairement de voir les forêts et le vieux château moussu du livret, il m’a semblé que j’avais assisté à un contresens de grande taille.
    Il y avait les ingrédients habituels - esthétisme et (...)

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  • « La mort de Sénèque » Philharmonie, 18 septembre 2017

    La Philharmonie a célébré le 450° anniversaire de la naissance de Claudio Monteverdi (15 Mai 1567 à Crémone) de manière faste : Sir John Eliot Gardiner, les English Baroque Soloists, le Monteverdi Choir et un plateau de solistes vocaux tous remarquables, ont donné les trois opéras qui nous restent du compositeur, joués et « mis en espace » sur la scène centrale au milieu des musiciens, d’une manière constamment convaincante et souvent davantage, captivante. J’ai raté L’Orfeo (1607) le samedi 16 septembre, (...)

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  • Lumières d’été + 200 000 fantômes 2 films de Jean-Gabriel Périot

    Lumières d’été, film de 2017 de J.-G. Périot, est précédé d’un court métrage de ce même auteur, 200 000 fantômes de 2007, qui a donc déjà dix ans.
    Le court métrage - montage de photos fixes, N&B et couleurs, et de quelques miettes d’actualités - est comme brodé sur le poème de Current 93, Larkspur et Lazarus, qui l’accompagne à la bande-son, il est magnifique et parfait. We know it’s time.
    Oui, nous savons qu’il est temps, mais temps de quoi ? De tourner une page intournable ? Ou de traduire autrement, ce (...)

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  • Hiroshima

    J’écoutais paresseusement France Culture,« La grande table d’été », et soudain, j’entends une nouvelle, une vraie nouvelle, de celle qui vous fait bondit du canapé. Qui vous redessine un avenir proche : le mercredi 16 août est la date de sortie du film que Jean-Gabriel Périot vient de terminer sur Hiroshima.
    Le 72e anniversaire des bombardements (Hiroshima, 6 août, et Nagasaki, 9 août 1945) ayant été certes présent dans les médias et à la télévision, mais discret, je me trouvais assez seule, avec (...)

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  • La Planète des singes. Suprématie. Un film de Matt Reeves, USA, 2017

    2 heures 22 pour Suprématie, ce gros pâté, collage de mythes superposés et rebattus dans de multiples films, légendes et livres saints, guerre, western, la Bible, Bien et Mal... J’aurais dû prêter plus grande attention au titre original : War for the Planet of the Apes.
    Tous les mythes et légendes américains sont convoqués pour la suite (et fin ?) de cette nouvelle Planète des Singes : les films sur le Vietnam, Apocalypse Now, les colonels fous, les post-atomiques, Mad Max, quelques bribes volées et (...)

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  • Ça secoue !

    Le XXIe siècle a décidé de virer très fort le XXe. Chaque jour, une foule de souvenirs foutent le camp, dans les carnets de décès : hier, c’était les souvenirs des films et des salles et des circonstances où j’ai admiré souvent Jeanne Moreau.
    La première fois que je l’ai vue, elle incarnait le petit rôle de Josy dans Touchez pas au grisbi de Jacques Becker, c’était à Grenoble en 1954.
    Voici deux photo d’elle
    La première, dans Eva (Joseph Losey), en 1961. J’aime assez l’air interrogatif qu’elle y a dans (...)

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