Chroniques

Cette rubrique abrite un fouillis d’impressions, d’époques diverses, sur tout et n’importe quoi, l’actualité, un film, un paysage, une pièce de théâtre, un concert, un petit voyage, un article qui m’a plu, etc. Ni thème précis, ni régularité. Juste l’envie de mettre en forme une impression fugitive ou persistante.
Toutefois, deux séries de textes forment des ensembles.

1. Vingt « Chroniques », la première étant datée du 18 décembre 2016 au 14 juin 2017, sont consacrées à l’histoire de mon arrière-grand-père, Victor Puiseux (1820-1883). Cette série est regroupée en un PDF unique, de lecture plus aisée, dans la Bibliographie générale de la rubrique Recherche sous le titre Une biographie de Victor Puiseux (1820-1883). Les rectifications insérées au fil des jours, heureusement assez peu nombreuses, n’ont pas pu être introduites dans la partie PDF.

2. Une guerre mondiale et une pandémie.
Un autre ensemble est constitué par les chroniques que j’ai faites au printemps 2020, en racontant, en parallèle, mes impressions sur les deux crises mondiales que j’ai traversées à quatre-vingts ans d’intervalle : — le printemps de 1940 avec la montée des évènements qui ont conduit à l’invasion et l’armistice de juillet 1940, — et le confinement imposé pour raisons sanitaires au printemps 2020 : on peut se rendre à la première de ces chroniques en cliquant ici. La série se compose de 60 textes, les 50 premiers sous-titrés Chroniques d’un printemps, et les 10 suivants sous-titrés Le Joli Mai, intitulés évidemment empruntées au cinéma.

2026

  • Frederick Wiseman

    Hommage à Frederick Wiseman : la création d’un langage
    C’est avec beaucoup de peine que j’ai appris la mort de Frederick Wiseman (Ier janvier 1930-16 février 2026), pour lequel j’ai une admiration sans borne : il est, pour le monde documentaire , l’équivalent de Jean-Luc Godard ou de Jim Jarmush pour la fiction, si tant est que ces deux catégories soient valables. Ces trois cinéastes ne produisent jamais une histoire illustrée, mais créent et utilisent un langage complet, le film, qui (…)

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2025

  • Don Giovanni

    Le Festival d’Aix en Provence a donné maintes fois des représentations de Don Giovanni.
    Le 12 juillet à 20 h, je me réjouissais d’entendre la retransmission de ce pilier de la musique. Ce fut horrible.
    Une fois de plus, un metteur en scène avait frappé : ici, Robert Icke, tuant à la fois Mozart, Da Ponte et leur héros Don Giovanni. Un hôpital psychiatrique en est à la fois le cadre et le propos. On peut lire des comptes rendus de cette folie dans la presse spécialisée ou non. Je n’en (…)

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  • Cannes et Gaza

    Je n’ai jamais beaucoup aimé le festival de Cannes et ses montées de marches. Et souvent, j’ai trouvé ses choix prétentieux et inscrits un peu hypocritement dans la mode.
    Le soir de l’ouverture, il ne fallait pas seulement dire que la mort organisée à Gaza est scandaleuse et défie le respect dû à la condition humaine. Famine, désespoir, destruction, programmés ouvertement.
    Il fallait profiter de l’immense renommée et de la diffusion internationale de la cérémonie, pour s’inspirer de (…)

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  • Ignobles bégaiements

    Près de deux mois plus tard, après de nombreux morts civils et militaires , après des discours de mensonges et d’actes criminels et odieux des tyrans de Russie, des États-Unis, d’Israël et d’ailleurs, après même des problèmes cardiaques pour moi, j’écris trois mots écœurés pour dire que la situation n’a fait que se prolonger ou empirer (sauf peut-être pour ma santé...).
    Il n’empêche, Netanyaou continue de pilonner Gaza et la Cisjddanie, Trump de bramer ses décrets destructeurs et (…)

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  • Munich, etc.

    Il y a des lieux et des noms qui portent malheur. Munich en est un.
    La conférence de sécurité qui s’y tient depuis des années a dépassé mes craintes habituelles. Reculade, langue de bois, mélange d’aveuglement et de lâcheté.
    Les élections qui ont porté au pouvoir Trump et Elon Musk ont ébranlé l’ordre mondial. Tous deux, et leur administration - je ferais sans doute mieux de dire leur clique -, (Marco Rubio et J. D. Vance, entre autres) multiplient les discours et les actes qui montrent (…)

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  • Hollywood, Hollywood En lisant les mémoires de Bertrand Tavernier

    Tout feu, tout flamme
    J’avance lentement dans le gros volume de souvenirs de Bertrand Tavernier, bourré d’analyses, de titres, d’anecdotes, d’indignations et d’enthousiasmes. Tavernier a beaucoup de talent pour décrire les personnalités innombrables qu’il a rencontrées (entre autres, le portrait de Melville est inoubliable), il a une mémoire d’éléphant et sans doute vingt tonnes de fiches, il n’a rien oublié d’aucun des films qu’il a vus, promus ou réalisés, rien oublié des techniques ni (…)

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2024

  • De guerre lasse

    Jingle Bells
    L’année 2024 va finir, et je n’ai pas écrit depuis plusieurs semaines. Il faut dire que les nouvelles de chaque jour sont peu tentantes ( à part la libération de Paul Watson que le Japon voulait juger et punir pour pouvoir continuer à chasser les baleines.).
    Le « Joyeux Noël » est depuis longtemps noyé dans la consommation et les souvenirs figés et mythiques de la famille et de l’enfance.
    D’un bout à l’autre de la planète, on se tue, on se menace, on brandit ses armes et (…)

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  • Sans dessus dessous Les énigmatiques folies du monde

    Sans dessus dessous
    Bientôt deux mois que je n’ai rien écrit. Les mots perdent tout leur sens devant le désarroi qui semble avoir saisi l’ensemble du monde. Je pourrais aussi écrire « Sens dessus dessous ».
    La folie meurtrière, folie vengeresse - je déteste l’esprit de vengeance - , organisée par le cabinet Netanyahou fracasse le Proche Orient étendu jusqu’en Iran, sans relâche, auteurs ou commanditaires d’attentats, mais surtout civils, humanitaires, forces de l’ONU, tout devient (…)

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  • Impasses

    L’été s’est passé dans la répétition, une sorte de radotage, rien n’aboutit, rien ne se dénoue et ça continue sous la pluie de ce matin de septembre.
    On a eu la version « magique » comme le disaient 500 fois par jour les commentateurs de presse et de radio, à propos de « la parenthèse enchantée » des J.O. et des paralympiques qui tirent à leur fin. Mais on veut rester dedans. Encore un peu de magie. On divinise les anneaux olympiques, les flammes et leurs vasques.
    Ailleurs, se déroulent (…)

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  • Il pleut, bergère ! Too much

    Cérémonie d’ouverture : rites, mythes, stars, chansons et quoi encore ?
    Il aurait pu faire trop chaud, mais non, il pleuvait, un peu d’abord, puis à verse, une pluie dévastatrice. Personne n’avait-il pensé à cela ? J’espère que ni les sportifs, ni les acteurs ni les spectateurs n’ont attrapé la crève.
    Je serais incapable de faire une explication argumentée sur le flot d’images contradictoires, tragiques ou joyeuses, vaguement provocatrices ou attendues, que les journalistes ont (…)

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  • Julian Assange

    Une bonne nouvelle au milieu de l’océan glauque où nous voguons (à moins que nous ne soyons déjà tombés dedans) : la libération, enfin, de Julian Assange dont j’ai toujours suivi le sort avec angoisse.
    La liberté pour un lanceur d’alerte au lieu de la prison, cela se salue avec joie.
    J’aurais aimé qu’Edward Snowden, au lieu de devoir se faire russe et de devenir une carte dans la main de Poutine, puisse bénéficier d’une telle chance, d’un tel travail et d’un tel accord pour enfin (…)

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  • Train fantôme

    J’ai toujours craint les foires, les toboggans, les trains fantômes, les autos tamponneuses, les manèges emballés, pleins à ras bord de gens tétanisés et qui crient en attendant que ça s’arrête.
    Les élections législatives « surprise », imposées depuis le soir du 9 juin, pour les 30 juin et 7 juillet, leur ressemblent beaucoup.
    Les programmes des partis traditionnels ou des regroupements factices d’intérêts personnels de quelques « ego » monstrueux, s’inspirent des lettres au Père Noël, (…)

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  • Une expérience musicale À chacun sa drogue

    La semaine dernière (du samedi 18 mai au dimanche 26 mai), j’ai vu le Ring de Richard Wagner, en direct, à l’opéra de Zurich, mais par l’intermédiaire de mon écran d’ordinateur (medici.tv). J’aime cette œuvre par dessus tout , je trouve admirable cet ensemble, tant pour la musique que pour le livret qui s’accordent, sortis l’un et l’autre du cerveau de Wagner pour décrire tous les ressorts des personnages légendaires dépeints à travers le combat mythique entre les dieux, géants et nains (…)

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  • Paul Auster, un ami

    Paul Auster est mort cette nuit à New York.
    Le mois dernier, j’ai lu Baumgartner, son dernier roman paru en 2023 aux USA (et en mars 2024 chez Actes Sud, comme l’ensemble de son œuvre en français). Comme tous les ouvrages que j’ai lus de lui, je l’ai adoré. Ce matin, toutes les radios font l’éloge de cet auteur spirituel et singulier qui aimait la peinture et le cinéma, et croyait au hasard (moi aussi). Je m’associe aux souvenirs et aux récits variés sur lui. Je ne le connaissais pas, bien (…)

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  • La lumière vive d’un phare sur un tas de ruines

    Le printemps est froid. Venteux. Un temps à rester chez soi et à lire.
    Le « phare » de l’intitulé de cette chronique est donc un livre, Le temps des loups : L’Allemagne et les Allemands (1945-1955), de Harald Jähner, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Actes Sud, 2023, 368 pages.
    Ce volume éclaire d’une lumière vive et pénétrante un espace et un temps décisifs pour le continent européen et le monde entier. L’Allemagne a vécu, entre 1914 et 1945 trois évènements effrayants : deux (…)

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