Guerre et Paix

9 articles

  • Une semaine à vomir 4 New York ou Le cinéma comme refuge

    III. Mercredi 31 octobre 1956. Un vol pour New York
    Dernière papaye au petit déjeuner, derniers huevos revueltos (œufs brouillés). Les joueurs de poker dorment encore. Je dois être à l’aéroport à 9 heures, enregistrer les valises bleues bourrées à craquer, chacune pèse vingt kilogs. Je les sens encore au bout de mes bras.
    On décolle à 11 heures. Le temps est clair, le Popocatepetl, sublime. Je vois en plein jour ce que j’avais survolé de nuit une quinzaine de mois auparavant, j’avais été prise dans un (...)

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  • Errare humanum est ! Chronique d’un printemps 9

    Blandans, samedi 23 mars 1940
    Réflexion d’entrée, datée de 2020 : ce que j’ai décrit hier, le lessivage de l’église, est arrivé aujourd’hui seulement ! Quelle erreur de mémoire... hier, vendredi saint, on n’a pas lessivé du tout, on est allé à l’église dans le début de l’après midi pour une cérémonie, Le chemin de croix. Le curé a fait le tour de l’intérieur de l’église, en s’arrêtant devant chacun des 14 petits tableaux illustrant les 14 étapes de la Passion, de la Condamnation à mort à la Mise au tombeau, à (...)

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  • Œufs Soubise Chronique d’un printemps 10

    Blandans, 24 mars, Dimanche de Pâques 1940
    Pâques, les cloches sont revenues de Rome. Celle de l’église de Domblans a un très beau son, assez enthousiasmant, avec de riches résonances et en même temps, une manière joyeuse de diffuser dans l’espace. À l’église, quel qu’ait été le temps - dont je me souviens pas du tout -, les dames du village avaient dû sortir leurs chapeaux d’été, chapeaux de paille remplaçant les feutres de l’hiver. Le pain bénit qu’on passe dans des petites corbeilles au moment de (...)

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  • « Qu’est-ce en effet que le temps ? » Chronique d’un printemps 11

    Paris, mercredi 25 mars 2020
    Trump choisit ouvertement de sacrifier les hommes à l’économie. Le remède du confinement est pire que le mal, dit-il, de sa voix gluante, en jetant des milliers de milliards dans le marché pour le faire remonter artificiellement, tout en fermant plus encore, si c’est possible, sa frontière aux migrants en provenance du Mexique.
    On piétine dans les chiffres, les décisions prises ou à prendre. Les J.O. sont reportés et s’appelleront J.O. 2020 en 2021.
    Déjà, le temps est (...)

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  • Le temps d’une île déserte Chronique d’un printemps 15

    Paris, dimanche 29 mars 2020
    Hier, la conférence de presse d’Édouard Philippe, avec trois professeurs de médecine et le ministre de la santé, était explicative, détaillée, et ouvrait un temps long, le confinement, le post confinement, l’éventuelle seconde vague. Le temps est aux certitudes impossibles. Le discours, les mots, le ton d’Édouard Philippe et de ses intervenants ont été du genre « de la sueur et des larmes » de Churchill. Les petits esprits français critiquent, chipotent, bien sûr... ils (...)

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  • « Mais qui a parlé de deux mois ? » Chronique d’un printemps 17

    Paris, mardi 31 mars 2020
    Ce matin, à France-Inter, l’économiste Esther Duflo, Professeur au Collège de France et Prix Nobel d’économie, depuis Washington où il était deux heures du matin, a, à sa manière douce, sonné le tocsin. Sur la gravité immense de la crise, ses étages, ses profondeurs, son temps indéterminé et ses conséquences incalculables. Lorsque Nicolas Demorand, en son nom ou en celui d’un auditeur, lui a demandé dans quel état on sortirait au bout de deux mois de confinement, elle lui a fait (...)

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