Coronavirus

50 articles

  • Fluctuat nec mergitur Chronique d’un printemps 20

    Paris, le vendredi 3 avril 2020
    Je n’ai jamais tant pensé à Georges Canguilhem que ces temps-ci. Son ouvrage, Le Normal et le Pathologique, m’avait éblouie dans les années 80, où je l’ai lu pour préparer mes séminaires qui portaient sur la représentation de la médecine, des malades et de la maladie au cinéma. Philosophe et médecin, résistant de la première heure, ami d’Ignace Meyerson, de Jean-Pierre Vernant, Canguilhem analyse notamment, dans cet ouvrage ce qu’est la maladie comme accident dans la vie (...)

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  • Avec quoi écrit-on l’histoire ? Chronique d’un printemps 21

    Paris, samedi 4 avril 2020
    Un ciel bleu et un soleil brillant, il n’y a plus une traînée d’avion. Les jours se fondent les uns dans les autres.
    J’ai fini Guerre et Paix. Pierre et Natacha, Marie et Nicolas, sont devenus des couples ordinaires de l’aristocratie russe des Années 1820, qui est aussi l’année de la naissance de mon arrière grand-père Victor Puiseux, je peux toucher du doigt cette époque dans ses bégaiements qui forment un immense paysage, une immense tapisserie en relief, à la fois figée (...)

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  • Espace en crise Chronique d’un printemps 22

    Paris, dimanche 5 avril 2020
    Il faut des masques, paraît-il. Je pense que ce revirement officiel ne serait utile que si on avait suffisamment de masques chirurgicaux. Ce qui n’est pas le cas, comme chacun sait. S’il faut les bricoler en pliant des tissus extirpés de mes vieux tiroirs, comme j’ai vu faire à la télé hier soir, merci bien. Je n’ai pas de visière de moto. Je n’ai pas d’élastique et les magasins sont fermés. Je n’ai pas les yeux pour coudre ni la foi pour grenouiller sur les forums. Les (...)

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  • Du sens ? Chronique d’un printemps 23

    Paris, lundi 6 avril 2020
    Faut-il raconter, ce matin, ce que nous savons tous. C’est-à-dire que nous ne savons pas grand-chose, qu’on apprend au jour le jour sur le virus et la maladie. Je constate que les journalistes des chaînes françaises sont sottement impatients, qu’ils peinent à prendre le tournant qui consisterait à informer sans cherchent à pousser à la faute leurs interlocuteurs et à faire de la politicaillerie. J’écoute surtout Radio France internationale, (RFI), pour sortir du ronron des (...)

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  • Podcast et Quasimodo Chronique d’un printemps 24

    Paris, mardi 7 avril 2020
    Ce matin sur France Culture, un invité passionnant, Thomas Gomart, de l’Institut français des relations internationales (IFRI), a expliqué comment le virus révélait le jeu des fils de trame entre trois grandes puissances - Chine, USA, Europe - , comment la stratégie, les sources d’énergie, l’alimentation, le sanitaire et le numérique, se combinaient et nous enveloppaient comme un filet ; il en a retracé le chemin depuis 1971, c’est trop long à ré-expliquer. « Comment (...)

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  • Ça sature ! Chronique d’un printemps 25

    Paris, mercredi 8 avril 2020
    J’ai envie d’une pause réelle, les radios sont toutes plus anxiogènes les unes que les autres, RFI comprise, avec les nouvelles épouvantable des USA ou de l’Afrique, sur le plan sanitaire ou social.
    Ras-le-bol, cet abruti de Philippe Martinez et son appel à la grève générale à partir de demain dans le commerce - seuls ceux de l’alimentation sont ouverts -, quelle bonne idée ! Ajouter une crise alimentaire, voilà qui serait génial. Battons-nous devant les magasins, c’est (...)

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