En souvenir de Jean-Louis Comolli Jusqu’au jour où ... 6

Le monde est déjà bien triste, sur l’ensemble de la planète et en Europe : s’y ajoute la disparition de Jean-Louis Comolli, appartenant au monde des Cahiers du cinéma et de la Nouvelle Vague, critique, cinéaste, essentiellement documentariste, touchant parfois à la fiction, esthète, c’était un homme délicat et fin, passionné d’image, de politique, mais aussi de musique et de cuisine.

J’ai longtemps fréquenté sa sœur, Annie Comolli, avec qui j’ai travaillé des années dans la chaire de cinéma de l’Ecole pratique des Hautes Études. Tout cela figure dans la partie Recherche de ce site. Le frère et la sœur étaient très liés. Parfois, ces dernières années, nous nous croisions tous les trois au concert. C’est au Théâtre des Champs-Élysées que je l’ai vu pour la dernière fois, gaiement, autour d’un vin blanc et d’un délicieux petit sandwich, c’était sans le savoir, la veille d’un confinement COVIDn et pour écouter La Création de Haydn. .

De lui, mon film préféré était une fiction, La Cecilia (1975), le récit de la vie d’une communauté utopique établie (réellement) au Brésil au XIXe siècle. Ce film est resté longtemps introuvable. Il ne l’est plus. On peut aussi le voir sur youtube. Il dit tout des rêves et des folies de l’égalité aveugle lorsqu’elle n’est pas accompagnée de la liberté et qu’elle se transforme en traque étouffante, en déconfiture ou en folie.

Parmi d’autres, Les Inrocks lui consacrent un article. Il manquera beaucoup, avec sa science discrète et souriante.