Ce n’est pas un poisson d’avril...

Sur RFI, il y a moins d’une heure, j’ai entendu une nouvelle ridicule, j’ai cru que c’était un des poissons d’avril dont les chaînes encore parfois s’offrent le luxe, vérification sur la toile. Hélas, c’est une histoire vraie.

La voici : le métropolite de Novosibirsk est allé voir Tannhaüser à l’opéra de la ville. Il a vu des scènes qui l’ont offensé, lui et ses sentiments religieux, dont une sorte de grand tableau vivant montrant quelques-unes des activités de Vénus et de ses aimables acolytes au Venusberg. Il ne doit pas connaître grand chose de l’argument de Tannhäuser, le pèlerinage à Rome, la problématique chrétienne du désir, du pardon possible et impossible. Rien vu, que la jambe parfois nue de Vénus.

Scandalisé, il a demandé et obtenu l’annulation du specrtacle monté par Timofei Kulyavbin, et le renvoi de Boris Mezdrich, du directeur de l’opéra. Le ridicule devrait tuer. Mais non, pas chez Poutine, protecteur de l’église orthodoxe. On ne rigole pas dans la troisième ville de Russie. Manifs, déclarations, rien n’y a fait, jugement confirmé. Jugez ci-dessous vous-même.

Tannhäuser, R. Wagner, Novosibirsk, 2015

Une scène du Venusberg, dans la mise en scène de l’opéra de Novosibirsk, février 2015. The Calvert Journal

À ce train-là, on va décrocher bien des tableaux dans les musées.