Confinement

45 articles

  • « Quarante jours d’errance » Chronique d’un printemps, 49

    Paris, samedi 2 mai 2020
    Ce fut hier une étrange journée, on s’envoyait des photos de muguet. Des vrais, ou des faux, humoristiques mais qui ne faisaient pas rire. Le confinement traîne en longueur avec son cortège de fausses nouvelles, les gens ont l’air de ne plus savoir s’ils préfèrent le confinement ou le déconfinement. Sur les videos échangées, des chiens soupirent de devoir aller pisser sans arrêt.
    L’après-midi se passe pour moi dans les couloirs de la France Libre, à Londres. Les innombrables (...)

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  • Un taxi pour Tabriz Chronique d’un printemps, 50

    Paris, dimanche 3 mai 2020
    En lisant les Mémoires du Général, j’ai enfin compris qu’Un taxi pour Tobrouk (Denys de La Patellière, sorti en 1961), était, en fait, un très bon film d’histoire : Lino Ventura, Charles Aznavour et Maurice Biraud sont des éléments des Forces françaises libres, créées par De Gaulle, la première partie du film montre comment chacun convergera, pour des raisons diverses, vers cette petite armée, composée de bric et de broc, grâce à la grandeur de vue et à l’énergie incroyable de (...)

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  • Envie de changement Le Joli Mai, 1

    J’ai envie de changer.
    J’ai envie que ça change, qu’on sorte de cette pétrification vaseuse du confinement, du virus, des statistiques, de la grogne et de la méfiance comme principe de société, et de tout ce bazar mondial où s’agitent Trump, Xi et Cie, dans lequel se dessine un avenir numérisé à mort.
    Faute de mieux, sur ce site, je change :
    de titre : « Chronique d’un printemps » était un clin d’œil à Chronique d’un été, de Jean Rouch (1960), c’est désormais un hommage à Chris Marker, à qui j’emprunte (...)

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  • Pas si joli que ça Le Joli Mai, 2

    Blandans, mardi 7 mai 1940
    Pie XII prie pour la paix. Il savait dès le 4 mai que Hitler s’apprêtait à attaquer à l’Ouest et en aurait prévenu les Pays-Bas et la Belgique. Mais nous ne savons rien.
    Sinon, qu’à Blandans, l’attmosphère s’épaissit de plus en plus, les nouvelles plombent tous les repas et les débordent, on écoute les communiqués. J’ai l’impression que ce sont des mots un peu magiques, qui endorment ou fâchent. Les grandes personnes font des conciliabules, debout, dans les embrasures de fenêtre. (...)

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  • Bousculade Le Joli Mai, 3

    Plusieurs « 8 mai » se bousculent dans ma tête.
    Blandans, le 8 mai 1945, le jour de la capitulation allemande et donc, la fin de la guerre sur le front de l’Ouest, a d’abord été un jour ordinaire : c’était pour moi un jour de cours de maths chez une dame qui habitait Voiteur. J’avais 12 ans, je finissais ma 5e. Si Tante Paulette continuait à m’instruire pour la plupart des matières, en maths, elle avait déclaré forfait depuis deux ans.
    J’allais donc à un cours d’algèbre, science à laquelle (...)

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  • En avant Le Joli Mai, 4

    Blandans, vendredi 10 mai 1940
    La tempête a éclaté au milieu des bols du petit déjeuner (Thé pour Tante Paulette, café au lait pour Maman, Paulette, Claudine et Bonne-Maman, phoscao pour moi) : les Allemands ont envahi les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique, comme ça, en fin de semaine. Effet de surprise énorme, pays officiellement neutres, donc particulièrement mal préparés. Je dis « effet de surprise », c’était une surprise pour les gens, peut-être, mais en fait, il y avait eu des tas de fuites (...)

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