Imaginaires

Entre la vie quotidienne et la recherche, il y a de la place, heureusement, pour inventer des situations, des personnes, des solutions, basculer dans l’anticipation ou le passé, bref, faire ce qu’on veut.

Certains textes ont été édités, d’autres vivront en ligne. Certains sont de pures imaginations, d’autres sont des éléments du réel, sous forme de récit.

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Argenteuil

  • L’Embarquement pour Cythère 6

    6. Deuxième note pour Me Plock : Une soirée délicate
    Les jardins de la perception, autrefois, descendaient, dans toute leur largeur, jusqu’à la Seine. Depuis, il y a eu une quantité incroyable d’expropriations, pour la voirie, et de cela, Me Plock est bien mieux informé que je ne le puis être. Il ne reste maintenant qu’une mince parcelle, entre deux murs de meulière jaune et qui, à présent, se termine par le petit tunnel sous la route : Grand-père l’appelait « le couloir de Dantzig ». Et menaçait, tout (...)

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  • L’Embarquement pour Cythère 5

    5. Première note pour Me Plock : Le Chat Botté
    Extérieur jour, dans le jardin de la perception, à Argenteuil, en 1815, c’est le printemps, il fait déjà chaud comme en été. Céphise Portier, née Rousset, tient un grand livre sur ses genoux. À sa gauche, debout, se tient un petit garçon.
    Veux-tu que je te lise une histoire, Hector, celle du pauvre meunier qui avait trois fils et qui bientôt s’en vint à mourir ? Ne saute pas d’un pied sur l’autre, mon petit, les petits garçons doivent se tenir tranquilles (...)

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  • L’Embarquement pour Cythère 4

    4. Le Massacre des Innocents
    Aujourd’hui, dans la salle des archives de la Mairie, on n’est pas à l’aise, les lecteurs passent tout entiers dans les registres, dérapent dans les liasses sales, les ficelles jaunes, leur corps devient une façade, se vide au profit des écritures empâtées ou déliées, hésite et titube dans les abréviations d’usage, dans les mots disparus. Ce sont des lecteurs vides, vidés, qui garnissent les tables sombres où festoient les actes notariés, les procès, les naissances.
    Céline (...)

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  • L’Embarquement pour Cythère 3

    3. Une visite de Camille
    Camille est debout, devant les bambous et le palmier, la main au-dessus des yeux, elle semble voir au loin, par la fenêtre, une plage endormie et dit :
    Mais tout dort, et l’armée, et les vents, et Neptune. Le calme plat d’avant les tempêtes qui ne viennent pas. Une situation enlisée comme Racine sait les faire. Finalement, on répètera dès le lendemain de Noël, après la soirée à la Mairie, Lili m’a dit que vous n’aviez rien de particulier en vue, et moi, tu sais, les fêtes de (...)

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  • L’Embarquement pour Cythère 2

    2. Le jardin d’hiver
    Par le toit vitré du jardin d’hiver, on aperçoit la forêt des immeubles d’Argenteuil, en surplomb au-dessus de la villa. Immeubles, revanche de toutes les asperges d’Argenteuil, du temps où les maraîchers, jadis, les cueillaient, à peine pointées de leurs talus de sable, pauvres asperges traînées dans la sauce, sucées, dévorées. C’était la spécialité d’Argenteuil au siècle dernier. Et c’était aussi l’une des origines de la fortune des Portier, qui les cultivaient, les mettaient en bottes, (...)

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  • L’Embarquement pour Cythère, un roman en feuilleton

    La famille Portier, sa villa, son jardin d’hiver, ses miroirs, ses silences. On peut trouver sur ce site le récit des premiers signes de vie de ce roman.
    En version papier, ce serait un très petit roman, mais, sur écran, le document entier qui était joint depuis le Ier novembre m’a parut tout-à-fait étouffe-chrétien et peu commode à lire. Désormais, il aura l’allure d’un roman-feuilleton, comme s’il sortait dans un quotidien, sa structure s’y prête, par petits bouchées, comme il a été écrit. Aux (...)

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