Philippe Jordan

7 articles

  • Rattrapage express

    Ma « rentrée » parisienne en trente lignes. Avec retard. Juste quelques éclats, histoire de reprendre un peu la main avant de foncer dans le dur du Festival d’Automne.
    De la musique surtout. Les plaisirs de septembre, à la Philharmonnie ; comment dire Andris Nelsons arrivant presque en courant, si jeune, heureux, dynamique, à la tête du Boston Symphony Orchestra, pour bisser la dernière partie, enthousiasmante, de la splendide symphonie n°10 de Chostakovitch ; la surprise de trouver un petit motif (...)

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  • Moïse et Aaron, Arnold Schönberg Mise en scène de Romeo Castellucci à l’Opéra de Paris, Bastille

    En 2014, dans Go down, Moses ! Romeo Castellucci avait fait naître Moïse dans les toilettes d’un restaurant italien très contemporain, bébé clandestin chargé - pressenti comme tel par sa mère internée, après l’accouchement, dans une sorte d’asile médical - de conduire hors du pouvoir de Pharaon le peuple d’Israel, déporté en Égypte et réduit en esclavage, fantasmatique et désolé. Castellucci retrouve son personnage cette année dans Moses und Aron, l’opéra inachevé de Schönberg, sans sa mère, mais avec son (...)

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  • Tic-tac, activités et mutations

    Franchement, depuis l’élection de Trump, je suis déboussolée. Ce n’est pas que ça allait bien avant : il y avait déjà les amis qui ne vont pas bien, les océans qui se réchauffent et s’acidifient, la température du globe qui monte, les États qui crachent leurs fumées de charbon et leurs déchets nucléaires, le tic-tac des dosimètres portés par les ouvriers qui posent le nouveau sarcophage de Tchernobyl. Il y avait déjà les mouvements d’extrême-droite qui se poussaient du col, un peu partout en Europe et (...)

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  • Lohengrin, Richard Wagner Opéra de Paris, 2017

    Attention : Cette chronique porte ici une date volontairement fausse ; elle a été écrite, en réalité, le 26 janvier 2017. Je l’ai déplacée pour donner de l’unité au « biopic » que j’ai par la suite réalisé à propos de Victor Puiseux.
    Créé à Weimar en 1858, sous la direction de Franz Liszt, et sans la présence de l’auteur, qui était banni pour ses idées politiques jugées révolutionnaires, Lohengrin, opéra en trois actes, est à la fois romantique et touchant, et, musicalement, il est une étape marquante de (...)

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  • Messe en si mineur, J.-S. Bach, dir. Philippe Jordan Opéra Bastille, 14 février 2017

    Mardi 14 février 2017, je suis allée faire une expérience saisissante à Bastille, avec la Messe en si de Bach, dirigée par Philippe Jordan ; elle était jouée par l’orchestre et les chœurs de l’Opéra de Paris, bien sûr, et , donc, avec instruments modernes. Ce fut une soirée complètement surprenante, hyper-vitaminée, j’avais l’impression de ne l’avoir jamais rencontrée, jamais entendue ainsi !
    J’ai beaucoup aimé cette interprétation terriblement nouvelle, qui faisait entendre tout Bach, ses notes, ses lignes, (...)

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  • Pelléas et Mélisande À la manière - discutable - de Bob Wilson

    La mise en scène de l’opéra de Debussy par Bob (Robert) Wilson a été créée en 2014. Mais je ne l’avais pas encore vue, ni lu quoi que ce soit à son sujet. Je m’étais dit, en y allant, « avec le minimalisme de Bob Wilson, rien ne viendra s’interposer entre la musique et moi... » Je m’étais trompée. Sans demander nécessairement de voir les forêts et le vieux château moussu du livret, il m’a semblé que j’avais assisté à un contresens de grande taille.
    Il y avait les ingrédients habituels - esthétisme et (...)

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