Les frères Goncourt

8 articles

  • Une écriture du temps, le Journal des Goncourt 1

    Ces temps-ci, dans la monotonie usante du confinement bis, je me suis lancée dans la lecture du Journal des Goncourt : les deux frères, Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870), n’ont pas bonne presse, on dit que leur Journal est un ramassis de potins aigres, misogynes et antisémites, mais en fait, personne autour de moi ne l’a lu. À part le Prix de l’Académie Goncourt que leur legs a permis de fonder, et la station de métro qui leur est dévolue, les Goncourt demeurent souvent une sorte de mot vide. (...)

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  • La mort de Rose, Journal des Goncourt, 2 Tristesses de la sexualité

    Clichés et contingence
    J’ai lu le premier tome en attention flottante, comme disent les psychanalystes, ce qui m’a permis de saisir la capacité que Jules et Edmond ont de faire sentir le temps, les changements menus ou radicaux, les gestes familiers, les attitudes, la lenteur enveloppante de Théophile Gautier et de ses filles, Flaubert assis en tailleur, les diverses facettes de leurs amis, les atmosphères douillettes des salons, l’animation des guinguettes ou des restaurants, la gaité des (...)

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  • Deux bribes de confidence, Journal des Goncourt, 3

    Les Goncourt parlent très bien des autres, des paysages, des femmes, des hommes, de la peinture, des salons, des acteurs, des attentes, etc. Mais d’eux intimes, de leur identité pseudo-gémellaire, ils parlent rarement. Dans cette année 1865, où ils attendent anxieusement - car ce sont des anxieux - , de savoir si leur pièce Henriette Maréchal sera acceptée et jouée à la Comédie-Française, ils laissent échapper deux petits filets de confidences.
    À la fin d’un déjeuner
    « 25 mai. - Nous allions déjeuner à (...)

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  • « Henriette Maréchal », Journal des Goncourt, 4

    J’avance dans les années du Second Empire, dans les rues qu’Haussmann n’a pas encore tout à fait fini de démolir, coins crasseux, bourrés de misère et de rats énormes (« des rats de pauvres » plus avides encore ) tout près des beau quartiers au luxe tantôt bourgeois, tantôt tapageur. Les frères Goncourt, de par leur curiosité et leur introduction réelle dans les milieux artistes et littéraires, promeneurs infatigables, observent toutes les couches sociales montantes et descendantes : à la fois (...)

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  • La mort de Jules, Journal des Goncourt, 5

    Comme un jardin d’hiver
    La possibilité d’une jolie maison d’Auteuil , proche de elle même qui leur avait échappé, revient sur le devant de la scène, finalement, ils vont pouvoir acquérir une grosse villa bourgeoise, près du Parc des Princes, pour la grosse somme de 83.000 francs, ils quittent la rue Saint-Gerges et son bruit infernal, qui atteint les nerfs et les migraines de Jules et accessoirement, les maux digestifs d’Edmond, eux-mêmes contrecoups de ceux de Jules.
    « C’est un des coins les plus (...)

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  • Après la mort de Jules, Journal des Goncourt, 6

    Les lignes consacrées par Edmond aux derniers mois et aux dernières heures de Jules à Auteuil sont bouleversantes. Elles évoquent à mi-mot leur maîtresse commune, Maria, une sage-femme, qui les a connus sans doute vers 1852, Jules d’abord, puis tous les deux, elle les a sans doute aimés, et beaucoup aidés, notamment au moment de la mort de Rose : c’est elle qui leur a appris la double vie de la pauvre femme.
    Depuis la mort de Jules, qui m’a beaucoup affectée, car je pense qu’il était le plus fin des (...)

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